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| Réglages de dernière minute avant le départ |
Francheville, samedi matin 10
octobre 2015, les inter-com sont branchés dans les casques.
C'est juste génial
de pouvoir se parler sans modération entre les 2 motos et jusqu’à 500m de
distance l’un de l’autre.
Exités par le départ, on réalise
enfin que l'aventure tant attendue démarre. Cap sur Mornant. Le brouillard
s’est invité et se montre humide sur la visière de nos casques qui cache un grand sourire qui s'agrandit à chaque coin de bleu se dévoilant dans le ciel. On redescend rejoindre
la vallée de Giers pour prendre l’autoroute. Non pas qu’on se lasse déjà des
virages mais plutôt qu’on veut avaler les kilomètres pour rentrer dans le vif
du sujet sur le plateau de la haute loire. L’autoroute c’est chiant, mais entre
Rochetaillée et Yssingeaux le tracé est plutôt sinueux. Une fois sorti de
cette voie rapide, les petites routes sinueuses nous redonnent la banane. Un
village apparait soudain en sortant du brouillard c’est Saint Julien Chapteuil,
où l’on fait une première pause photos. On enchaine ensuite par Le Monastier
sur Gazeille, Salettes, Saint Paul de Tartas, toujours dans le brouillard mais
la route sent fortement l'aventure. Juste avant d'arriver à Pradelle, on
ressort du gris avec un grand soleil et une superbe vue sur le lac de Naussac.
Un resto de motards nous tente et l’unanimité l’emporte avec dans l’idée un bon
plat auvergnat accompagné d'une mousse fraiche. On béquille nos 2 trails
content d’enlever toutes nos couches qui nous ont permis de tenir le froid et
l’humidité de la Haute Loire.
La déco du resto est très rock,
comme le montre une madonne qui porte une guitare électrique. On mange un très
tendre pavé de boeuf d'Auvergne accompagné d'une truffade - un mélange de purée
de pomme de terre et de fromage.
Rassasiés après une bonne pause
déjeuner, nous continuons notre route direction Alès par la magnifique D906,
sinueuse à outrance.
Après un ravitaillement essence à
Alès on traverse des paysages sublimes vers Saint Guilhem le desert. L'arrière
pays du Languedoc est vraiment plus sympa que la côte touristique pas assez vallonnée.
Nos narines nous prouvent qu'on est
dans le sud à chaque virage. La végétation chauffée par le soleil fait
ressortir plein de senteurs.
On passe le Pic St Loup et ses
vignobles avant d'arriver, un peu fatigué il faut l’avouer, à Neffiès au soleil
couchant, après 420km.
Deuxième jour, on se remet en selle
à 8h30 direction Beziers par les petites routes au milieu des vignes. Après la
magie matinale des évaporations de rosée, on commence à peine à nous ennuyer qu'on arrive
en bord de mer en longeant l'étang de Leucate.
En manque de caféine et ne trouvant pas un café au bord
de la route, on décide de faire une pause face à la mer. J'ai eu la formidable
idée de poser la moto en hors-piste juste avant la plage, mon frangin dans le
lot. Et une fois les bécanes posées on s'aperçoit que les pneus sont recouverts
d'épines d'1cm dans la gomme. La sensation d'avoir fait une grosse connerie
nous envahit. On bouge les motos sur le bitume et on s'amuse pendant 20min à enlever 1 par
1 chaque aiguille. La pression a l'air de tenir. On repart, l'excitation en
moins, jusqu'à Collioure pour manger au vieux port.

Après la pause, mon frangin
m'annonce que le capteur de pression de sa GS adventure n'a pas bougé. Les
pneus ont l'air de tenir, alors l'aventure continue. On longe la côte par une
route sinueuse magnifique.
A la frontière espagnole on décide de tracer directement à l'hôtel. On fait quand même une pause touristique à Besalù.
Puis on
arrive à Ribes de Freser, le soleil s'est presque couché. De toute façon on est
encaissé entre les montages. Pour garder l’esprit motard, on assiste à la
victoire de Pedrosa en motogp, diffusé en replay dans un bar de la ville. On
enchaine avec un super resto et une partie de billard avant de nous écrouler
dans un bon lit confortable.
Troisième jour on reprend la route,
et pas n'importe laquelle, la N260 qui serpente les Pyrénées catalanes jusqu'à
Puicerda. On s'accorde un petit moment de folie en prenant un
chemin un peu boueux afin de montrer les qualités d'offroad de nos trails. C'est physique mais tellement dans
l'esprit aventure qu'on adore.
On redescend ensuite sur un plateau
pour traverser la frontière et retourner en France par un élégant nom de
village: Bourg-Madame. La suite du parcours se fait à travers une réserve
naturelle dans une sorte de vallée puis on bifurque sur une petite départementale
qui suit une rivière avant de tomber sur Quillan puis Limoux.
La suite du parcours se fera sous un
ciel gris et des routes trop droites à notre goût mais nous permettant d'avaler
les kilomètres pour rejoindre le Gard à travers le Languedoc. Heureusement qu’on a les com' pour se raconter
des conneries!
Après cette fatigante section
d'autoroute on arrive avant la tomber de la nuit, au Mas de Gleyzes à Lédenon,
tout proche du fameux circuit.
Quatrième et dernier jour du
mototrip, on quitte Lédenon pour rejoindre Orange par les petites routes avant
de se perdre de vue 10km avant Vaison la romaine.
Mon frangin me suit et m'informe via
le com' qu'il s'arrête mettre la gopro. J'en profite alors pour rajouter de la
boue sur mon AfricaTwin en empruntant un petit chemin. Seulement, une fois éloigné dans la forêt, la communication se coupe et mon frangin n'ayant pas
entendu ni vu que je partais en offroad, a tracé la route, pensant que j'étais
devant. Pour que l'histoire soit plus drôle à raconter, j'avais donné mon
téléphone à mon frangin pour qu'il le recharge. Je me retrouve donc sans aucune
communication et aucune BMW GS en vue. Après une demi-heure de cache-cache, et
2km avant d'arriver à Vaison j'entends le com' s'activer et la voix du frangin se fait miraculeusement entendre. On se croise, soulagé de finir avec cette plaisanterie qui commençait à durer.
On poursuit donc le trip par Nyons, très
connue pour son Olive AOC. Ce coin de Provence est vraiment sympa avec ses champs
de lavande, ses vignes et champs d'oliviers.
Voyant l'heure filer, il est temps
pour mon frangin de tracer jusqu'en Suisse, avec sans doute la frustration de
ne pas poursuivre sur ces petites routes provençales. Il prend alors
l'autoroute. La pluie va l’accompagner jusque dans ses Préalpes fribourgeoises.
Je poursuis de mon coté par les
petites routes, en remontant par Crest jusqu'à Vienne. J'échappe à la
pluie mais le bitume est mouillé. Le changement de
température se fait ressentir avec cette pluie qui passe pas loin. J'arrive
enfin à Francheville, totalisant 1540km au compteur de ma bonne vieille
AfricaTwin, content d'avoir bouclé la boucle, les cartes mémoires pleines mais
pas autant que ma tête et tous ces bons souvenirs.