dimanche 6 septembre 2015

Verticale du Grand Serre: 1000D+ sur 1800m

Après un premier essai à Auris-en-Oisans lors de la Vertical Kil' (1000D+ sur 3700m), je décide de m'inscrire à mon deuxième kilomètre vertical. L'invitation de Kilian Jornet pour ce samedi 5 septembre 2015, sur le site de l'organisateur, est plus que tentante. Le profil est fou: 1000m de dénivelé sur 1,8km, le pourcentage du parcours varie entre 35 et 71%. Ce KV chronométré est aujourd'hui le plus raide des Alpes.

Profil du KV
Difficile d’imaginer jusqu’au matin de la course, quand j’arrive sur le parking face au Grand Serre, où l’on voit l’intégralité du parcours et sa pente.
Face au Grand Serre

Le soleil est là mais le vent aussi, avec les 9°C, ça pique un peu pour un début septembre.
Je monte tranquillement jusqu’au départ puis jusqu’au 200 premiers mètres de dénivelé avant de redescendre pour me changer et m’échauffer. Je fais des petites accélérations sur le plat puis monte en courant jusqu’au départ où j’ai le temps de faire des allers-retours dans le dévers.
11:28:40 Atma Singh me donne une tape dans le dos lorsque mon chrono se déclenche.
Cet ex skieur de fond et ex directeur financier est désormais habillé d'un turban et d'un blouson duvet. Il s'est reconverti prof de Kundalini Yoga et commercialise le Yogi tea, boisson aux épices née en Californie.
Atma Singh et Kilian Jornet
Face à moi,  une ligne droite de 1800m jusqu'au sommet. Je fais les 100 premiers mètres en courant à l'aide des bâtons puis, asphyxié, je passe en marche rapide en essayant de trouver mon rythme. J’arrive à stabiliser mon cardio et mon souffle à un niveau fort mais juste en dessous de l’explosion.
J’arrive dans la partie en sous-bois, le terrain est meuble et accroche sous la chaussure mais le dévers est tel qu’il faut s’aider des bâtons, des racines ou pierres ancrées dans le sol.

A la sortie de la forêt on attaque une prairie verticale avec un peu de brouillard et du vent frais. Mes genoux touchent l'herbe tellement le dénivelé est fort.
J'essaye de maintenir le rythme, en voyant défiler les panneaux des 700m, 800m, puis difficilement les 900m. L'envie de prendre un gel pour me redonner du jus me passe par l'esprit mais ça serait une perte de temps d'autant que le temps que l'énergie circule dans le sang, le KV serait terminé.

La ligne d'arrivée est proche mais impossible de la visualiser avec le brouillard. Je la vois enfin, ca y est on est à 2141m d'altitude. Je termine ce KV en 49 minutes, rien d'exceptionnel mais certes 9 minutes de mieux que mon premier KV un mois et demi plus tôt.
La trace de la course

Je ne m'attarde pas en haut, il fait froid, il n'y a aucune vue. Je redescends avec d'autres coureurs en bord de piste en encourageant les meilleurs chronos monter. Kilian Jornet passe avec une telle fluidité, il a l'air facile, pourtant il remporte ce KV en 30'25.



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