mardi 23 septembre 2008

La Forestière: 100km de VTT dans le Jura



17:30, la veille de la course, je décide d'appeler l'organisation pour savoir s'il reste des hébergements de libres. La course est à 8h00 et il y a plus de 2h de route de Dijon. Il aurait fallu partir avant 5h du mat' avec le risque de fatigue que l'on aimerait bien se passer avant une course marathon de 100km. Par chance il reste une chambre dans un Hotel à 20min de Lamoura, lieu de départ. Je réserve directement par téléphone et fait mes sacs. Cuissard, bidons, réparations, gel et barres énergétiques, et le vélo. 18h j'allume le GPS après avoir chargé la voiture. Il indique 1h41 en passant par l'autoroute, seulement il ne m'emmène pas au bon endroit. Les Rousses dans l'Ain ce n'est pas les Rousses du Jura... au bout d'1h30 je me rend compte du problème, la bonne destination est à 1h11. J'appelle alors l'hotel pour prévenir de mon retard. Je respire et repars en direction des Rousses dans le 39 cette fois-ci. Je passe par des routes de montagnes aux alentours de Gex. Il fait maintenant nuit et l'ambiance est particulière, surtout quand on part de Dijon où les sommets des monts ne dépassent pas les 480m. Dans l'obscurité on aperçoit les lignes des sommets des montagnes juraciennes avec les chalets éclairés. On se rend compte de la grandeur de l'espace. La route serpente à travers les rochers et forets de sapins. Je n'arrête pas de jeter des coups d'oeil sur la montre et le temps restant indiqué par le GPS. Le stresse commence à monter, la fatigue aussi. Je ne sais même pas si je suis dans la bonne direction, les panneaux n'indiquent pas de grandes villes connues. Je fais entièrement confiance au GPS. Seule direction aperçu: les monts du jura. Ça ne m'aide pas. La patience commence à faiblir au moment où le GPS me fait passer par une communale alors que la route départementale était déjà limite (pas plus de 50km/h). Dans la tête on passe du « on va bientôt arriver, tomber sur une station connue ou du moins un panneau », à « pas possible, une communale !!, où je vais?! ».
Il fait nuit noire, pas une maison, le réseau téléphonique est nul, je suis pas sûr d'être sur la bonne destination, le GPS a presque plus de batterie (je n'ai pas le chargeur), le réservoir d'essence diminue plus que d'habitude et il est presque 21h.
Comme par magie, je tombe soudain sur la N5, les Rousses sont à 8km et je vois juste à 100m un panneau lumineux MOTEL, coup de chance c'est le mien, sauvé! Je me présente à la réception et la dame me propose de manger même s'il est un peu tard. Je mets les pieds sous la table et mon entrée est apportée, suivi du spaghettis et un dessert. Bref de quoi se remplir le ventre pour le lendemain. La chambre est superbe, je m'installe, prépare mes affaires pour le lendemain et prend une bonne douche chaude.

6h15, le réveil est dur mais il fait surtout très froid, la rosée sur les toits de voiture est gelée. Je prend un ptit dej' au restaurant du motel avec 2 autres coureurs de la forestière. Direction ensuite Lamoura, le site de départ. En arrivant sur le village, tout le monde à son petit sac avec sa plaque, qu'ils ont retirée la veille. Je demande alors à un bénévole où est-ce que je peux retirer ma plaque. Il me répond que c'est à Oyonnax, le site d'arrivée et qu'il fallait retirer sa plaque la veille. Il se renseigne quand même auprès d'un commissaire. En attendant je me dis que tout est finit, j'ai payé les frais d'inscription pour rien, j'ai préparé le vtt pour rien, sans compter le déplacement et l'hotel.
Finalement ce n'était qu'une grosse frayeur, il m'indique la direction pour retirer la plaque. J'installe ma plaque, n°234, c'est-à-dire pas prioritaire à cause de mon inscription tardive (le dernier jour).
Avec le nombre de participant, plus de 500, je décide d'écourter mon échauffement pour aller me placer sur la grille de départ. Le froid est glacial, on se croirait en hiver. Eric Davaine, Le speaker des courses VTT annonce les 5 minutes avant le départ. Tous les coureurs s'étant inscrits longtemps à l'avance ont eu un numéro leur permettant d'être placé dans les premières lignes. Ils sont plus de 300 devant moi. Mais je ne m'inquiète pas puisque c'est une course marathon et que le rythme n'est pas aussi puissant qu'un cross-country.
Le départ est donné, une légère pente nous amène à un champ où le dénivelé ne permet pas de passer la bosse sur le vélo. Les spectateurs nous encouragent. Les 20 premiers kilomètres sont très roulant, je ne fais que doubler sans me mettre dans le rouge. Les jambes ont du mal à chauffer avec le froid. Il faut bouger les doigts de pied et de mains pour ne pas geler. Le parcours est vraiment sympa, on passe d'une forêt de sapin à une autre par des single-tracks à travers les champs. La difficulté vient des chemins trop boueux. De la boue qui colle, ce qui alourdi les vélos et rend les pneus inefficaces. Au fil des kilomètres, on m'annonce 117ème, puis 111, puis 97. On traverse des villages où l'ambiance est particulière, à l'inverse des courses de coupe de France où les gens supportent seulement les coureurs qu'ils connaissent. Ici les locaux encouragent tous les coureurs avec des cloches de vaches. Il y en a même qui ont attaché 3 grosses cloches entre 2 poteaux où l'on passait en dessous et les faisaient sonner avec une corde attachée à ses 3 cloches.

Les organisateurs ont eu la bonne idée de placer un panneau à chaque kilomètre pour afficher combien il en reste.

Les kilomètres défilent au début comme le parcours est roulant, mais il en reste encore beaucoup. J'essaye de m'économiser et de rouler à un bon rythme en me mettant dans la roue de coureurs qui roulent bien tout en m'hydratant régulièrement et en prenant des gels. Le soleil chauffe un peu mais je ne ressens pas le besoin d'enlever la veste.

A 40km de l'arrivée, les jambes tournent bien je fais même de belles relance. Mais je préfère rester prudent autant dans les montées pour ne pas brûler trop de calories que dans les descentes parfois très glissantes et en évitant aussi les crevaisons. L'objectif étant de terminer ce marathon. A 20km j'ai un début de crampes aux cuisses mais après avoir repris des barres et de l'eau les crampes disparaissent. Les derniers kilomètres sont longs mais le plus dur est fait. Le parcours et les paysages en arrivant sur Oyonnax sont vraiment jolis. Pour un premier marathon et une première Forestière je termine 84 au scratch et 20ème sénior en 5:57:03