jeudi 29 octobre 2015

Mototrip jusque dans les pyrénées catalannes


Réglages de dernière minute avant le départ
Francheville, samedi matin 10 octobre 2015, les inter-com sont branchés dans les casques. 
C'est juste génial de pouvoir se parler sans modération entre les 2 motos et jusqu’à 500m de distance l’un de l’autre.
Exités par le départ, on réalise enfin que l'aventure tant attendue démarre. Cap sur Mornant. Le brouillard s’est invité et se montre humide sur la visière de nos casques qui cache un grand sourire qui s'agrandit à chaque coin de bleu se dévoilant dans le ciel. On redescend rejoindre la vallée de Giers pour prendre l’autoroute. Non pas qu’on se lasse déjà des virages mais plutôt qu’on veut avaler les kilomètres pour rentrer dans le vif du sujet sur le plateau de la haute loire. L’autoroute c’est chiant, mais entre Rochetaillée et Yssingeaux le tracé est plutôt sinueux. Une fois sorti de cette voie rapide, les petites routes sinueuses nous redonnent la banane. Un village apparait soudain en sortant du brouillard c’est Saint Julien Chapteuil, où l’on fait une première pause photos. On enchaine ensuite par Le Monastier sur Gazeille, Salettes, Saint Paul de Tartas, toujours dans le brouillard mais la route sent fortement l'aventure. Juste avant d'arriver à Pradelle, on ressort du gris avec un grand soleil et une superbe vue sur le lac de Naussac. Un resto de motards nous tente et l’unanimité l’emporte avec dans l’idée un bon plat auvergnat accompagné d'une mousse fraiche. On béquille nos 2 trails content d’enlever toutes nos couches qui nous ont permis de tenir le froid et l’humidité de la Haute Loire.
La déco du resto est très rock, comme le montre une madonne qui porte une guitare électrique. On mange un très tendre pavé de boeuf d'Auvergne accompagné d'une truffade - un mélange de purée de pomme de terre et de fromage.
Rassasiés après une bonne pause déjeuner, nous continuons notre route direction Alès par la magnifique D906, sinueuse à outrance.


 

Après un ravitaillement essence à Alès on traverse des paysages sublimes vers Saint Guilhem le desert. L'arrière pays du Languedoc est vraiment plus sympa que la côte touristique pas assez vallonnée. 

Nos narines nous prouvent qu'on est dans le sud à chaque virage. La végétation chauffée par le soleil fait ressortir plein de senteurs.
On passe le Pic St Loup et ses vignobles avant d'arriver, un peu fatigué il faut l’avouer, à Neffiès au soleil couchant, après 420km.

Deuxième jour, on se remet en selle à 8h30 direction Beziers par les petites routes au milieu des vignes. Après la magie matinale des évaporations de rosée, on commence à peine à nous ennuyer qu'on arrive en bord de mer en longeant l'étang de Leucate.
En manque de caféine et ne trouvant pas un café au bord de la route, on décide de faire une pause face à la mer. J'ai eu la formidable idée de poser la moto en hors-piste juste avant la plage, mon frangin dans le lot. Et une fois les bécanes posées on s'aperçoit que les pneus sont recouverts d'épines d'1cm dans la gomme. La sensation d'avoir fait une grosse connerie nous envahit. On bouge les motos sur le bitume et on s'amuse pendant 20min à enlever 1 par 1 chaque aiguille. La pression a l'air de tenir. On repart, l'excitation en moins, jusqu'à Collioure pour manger au vieux port.
 Après la pause, mon frangin m'annonce que le capteur de pression de sa GS adventure n'a pas bougé. Les pneus ont l'air de tenir, alors l'aventure continue. On longe la côte par une route sinueuse magnifique. 

A la frontière espagnole on décide de tracer directement à l'hôtel. On fait quand même une pause touristique à Besalù. 
Puis on arrive à Ribes de Freser, le soleil s'est presque couché. De toute façon on est encaissé entre les montages. Pour garder l’esprit motard, on assiste à la victoire de Pedrosa en motogp, diffusé en replay dans un bar de la ville. On enchaine avec un super resto et une partie de billard avant de nous écrouler dans un bon lit confortable.

Troisième jour on reprend la route, et pas n'importe laquelle, la N260 qui serpente les Pyrénées catalanes jusqu'à Puicerda. On s'accorde un petit moment de folie en prenant un chemin un peu boueux afin de montrer les qualités d'offroad de nos trails. C'est physique mais tellement dans l'esprit aventure qu'on adore.
On redescend ensuite sur un plateau pour traverser la frontière et retourner en France par un élégant nom de village: Bourg-Madame. La suite du parcours se fait à travers une réserve naturelle dans une sorte de vallée puis on bifurque sur une petite départementale qui suit une rivière avant de tomber sur Quillan puis Limoux.
La suite du parcours se fera sous un ciel gris et des routes trop droites à notre goût mais nous permettant d'avaler les kilomètres pour rejoindre le Gard à travers le Languedoc.  Heureusement qu’on a les com' pour se raconter des conneries!
Après cette fatigante section d'autoroute on arrive avant la tomber de la nuit, au Mas de Gleyzes à Lédenon, tout proche du fameux circuit.

Quatrième et dernier jour du mototrip, on quitte Lédenon pour rejoindre Orange par les petites routes avant de se perdre de vue 10km avant Vaison la romaine.
Mon frangin me suit et m'informe via le com' qu'il s'arrête mettre la gopro. J'en profite alors pour rajouter de la boue sur mon AfricaTwin en empruntant un petit chemin. Seulement, une fois éloigné dans la forêt, la communication se coupe et mon frangin n'ayant pas entendu ni vu que je partais en offroad, a tracé la route, pensant que j'étais devant. Pour que l'histoire soit plus drôle à raconter, j'avais donné mon téléphone à mon frangin pour qu'il le recharge. Je me retrouve donc sans aucune communication et aucune BMW GS en vue. Après une demi-heure de cache-cache, et 2km avant d'arriver à Vaison j'entends le com' s'activer et la voix du frangin se fait miraculeusement entendre. On se croise, soulagé de finir avec cette plaisanterie qui commençait à durer.
On poursuit donc le trip par Nyons, très connue pour son Olive AOC. Ce coin de Provence est vraiment sympa avec ses champs de lavande, ses vignes et champs d'oliviers.
Voyant l'heure filer, il est temps pour mon frangin de tracer jusqu'en Suisse, avec sans doute la frustration de ne pas poursuivre sur ces petites routes provençales. Il prend alors l'autoroute. La pluie va l’accompagner jusque dans ses Préalpes fribourgeoises.
Je poursuis de mon coté par les petites routes, en remontant par Crest jusqu'à Vienne. J'échappe à la pluie mais le bitume est mouillé. Le changement de température se fait ressentir avec cette pluie qui passe pas loin. J'arrive enfin à Francheville, totalisant 1540km au compteur de ma bonne vieille AfricaTwin, content d'avoir bouclé la boucle, les cartes mémoires pleines mais pas autant que ma tête et tous ces bons souvenirs.