vendredi 13 septembre 2013

Ultra-Trail-Mont-Blanc TDS 2013

La TDS (Trace des Ducs de Savoie) est l'une des trois courses de l'UTMB. J'ai eu la chance d'avoir pris le départ à Courmayeur en Italie le 27/08/13 à 7:00.



Distance : 119 km
Dénivelé positif : env. 7 250m
Temps limite : 33:00

 
Profil de la course:


J'ai opté pour le sac à dos d'ultra de chez Kalenji:


Ce sac est plutôt bien conçu, il permet de porter tout le matériel obligatoire:
  • téléphone portable
  • gobelet personnel
  • réserve d'eau: 2 litres
  • deux frontales (avec piles de rechange)
  • couverture de survie
  • sifflet
  • bande élastique adhésive permettant de faire un bandage ou un straping
  • réserve alimentaire (gels, barres énergétiques)
  • veste avec capuche imperméable et respirante
  • pantalon ou collant de course à jambes longues
  • Seconde couche chaude additionnelle
  • Buff
  • bonnet
  • gants chauds et imperméables
  • sur-pantalon imperméable
En plus du matériel obligatoire, j'ai choisi d'opter les bâtons Raidlight Pole Carbon:
Légers et pliables, ils m'ont été indispensables pour ma course. Je les ai utilisés à 90%, c'est-à-dire quasiment tout le temps, en monter pour décharger les jambes et en descente pour me préserver les quadriceps.
Pour les chaussures, j'ai choisi les Salomon XT Wings 3:
J'en suis à ma deuxième paire. Elles sont parfaites pour la longue distance, renforcées pour affronter les chemins alpins et sèchent rapidement après avoir mis les pieds dans des zones très humides.


mardi 27 Août 2013

Lyon, 13:00
On part de Lyon, mardi en début d'après-midi, direction Chamonix. Il pleut des trombes d'eau.

Chamonix, 16:00
Récupérer son dossard est déjà une difficulté. On entre dans un gymnase en suivant un parcours avec différents stands: contrôle identité, caution, vérification du matériel obligatoire, etc...

Courmayeur, 5:00
Après une courte nuit dans un hôtel typique de Courmayeur en Italie, le réveil sonne à 5h. 
Je mange tout ce que je peux au buffet de l'hotel et me rend au départ.
L'ambiance est assurée par un speaker qui chauffe le public et monte le son de la musique pendant que l'hélicoptère de la presse vol au dessus de nous.



Courmayeur, 7:00
KM: 0
Altitude: 1224m



On part tranquillement pour la première ascension jusqu'au col de Checrouit. Le chemin est large et la pente relativement douce.

Col de Checrouit, 8:15
KM: 6,6
Temps course: 1h15
Altitude: 1959m
Classement: 692
Dénivelé positif depuis le départ: 802m

Le soleil est levé, il nous réchauffe.



Arrête Mont Favre, 9:13
KM: 11,1
Temps course: 2h13
Altitude: 2409
Classement: 679
Dénivelé positif depuis le départ: 1293m

Après un montée un peu plus technique, avec en fond un paysage magnifique illuminé par le soleil, je passe le pointage à l'arrête du Mont Favre. On change de décor pour se lancer dans une longue descente sur chemin large.



Lac Combal, 9:46
KM: 15
Temps course: 2h46
Altitude: 1970m
Classement: 623
Dénivelé positif depuis le départ: 1315m

Col Chavanne, 10:54
KM: 19,7
Temps course: 3h53
Altitude: 2584m
Classement: 617
Dénivelé positif depuis le départ: 1932m

Après 6h de course on arrive au col du Petit St Bernard par un single très pentu surplombant le lago Verney pour ensuite passer la frontière franco-italienne. 

Col du Petit St Bernard, 13:12
KM: 36,3
Temps course: 6h12
Altitude: 2188m
Classement: 583
Dénivelé positif depuis le départ: 2494m

La descente s'annonce très longue. 1350m de dénivelé négatif séparent le col de Bourg Saint Maurice. Je préserve mes jambes en descendant à un rythme raisonnable. Les cuisses commencent à chauffer et une douleur dans ma cheville droite se fait sentir. Deux mois plus tôt je me suis tordu la cheville lors d'un entrainement, m'obligeant à porter une chevillère jusqu'à 1 semaine avant la course.

Bourg-Saint-Maurice, ravito et assistance: 15:25-16:19
KM: 50,6
Temps course: 8h24
Altitude: 837m
Classement: 652
Dénivelé positif depuis le départ: 2556m

Je m'arrête un long moment au ravito pour digérer les 50 km et 8h30 de course. 
J'ai profité de l'assistance pour changer de chaussettes, me mettre des pansements sur mes ampoules et me ravitailler en gels et barres énergétiques.

La montée jusqu'au fort de la Platte est longue et très raide. Le soleil se couche derrière les montagnes mais on voit encore clair. 

Fort de la Platte, 18:16
KM: 55,9
Temps course: 11h16
Altitude: 1973
Classement: 776
Dénivelé positif depuis le départ: 3705m

Passé 2000m d'altitude le froid se fait ressentir. J'opte pour une veste technique et un bonnet. Il faut gérer l'alimentation car on a consommé beaucoup d'énergie pendant la montée. Mais je commence à avoir des brulures d'estomac, sans doute liées aux gels ingurgités. Je me suis trouvé un pote de galère, breton. On a le même rythme et on décide de continuer la course ensemble.

On arrive enfin au sommet (passeur de pralognan). La sécurité est là et les bénévoles bipent nos dossards en nous mettant en garde pour la descente assez risquée qui nous attend.

Passeur de Pralognan, 20:08
KM: 62,1
Temps course: 13h08
Altitude: 2546
Classement: 744
Dénivelé positif depuis le départ: 4464m


La descente est à flanc de montagne. Des cordes fixes ont été installées et nous sont indispensables pour descendre en sécurité.
La nuit tombe, on allume nos frontales.  

On arrive maintenant au rativo de Roselend. Les bénévoles mettent de l'ambiance pour nous motiver.

Cormet de Roselend, 21:25
KM: 66,4
Temps course: 14h24
Altitude: 1976
Classement: 758
Dénivelé positif depuis le départ: 4472m

Repartir de ce ravito est très difficile. On aimerait se remettre à courir mais les jambes sont pas du même avis. Je me sert le plus possible de mes bâtons pour mettre le moins de poids sur mes jambes.
On aperçoit maintenant au loin les frontales en file indienne des concurrents devant nous, sur la prochaine difficulté: le col Joly. 

La gite, 00:20
KM: 74,4
Temps course: 17h20
Altitude: 1663
Classement: 755
Dénivelé positif depuis le départ: 4848m

On se fait biper à la gite juste avant l'ascension du col du joly. Les bénévoles nous annoncent une montée pas trop longue mais raide.
On commence à avoir mal un peu de partout. La fatigue s'accumule à cause de la course de nuit qui demande beaucoup plus d'attention, sans parler du froid. Mon coéquipier est mal. Je décide de l'attendre et de le motiver. Une source d'énergie inattendue m’emmène jusqu'au ravito tant attendu depuis plusieurs kilomètres.

Col Joly, 3:53
KM: 85,2
Temps course: 20h53
Altitude: 1989
Classement: 781
Dénivelé positif depuis le départ: 

Je suis épuisé. Mes orteils me font terriblement mal, je n'ose pas défaire mes chaussures. Ne pouvant plus trop manger à cause de mes brulures d'estomac je ne peux qu'avaler de la soupe pour me réchauffer.
Mon arrêt est trop long, j'ai du mal a repartir et j'ai très froid.
La motivation baisse sachant qu'il reste une très longue descente jusqu'à l'assistance des Contamines. Je me dit qu'arrivé aux Contamines je changerai de chaussures pour terminer les 24km restants. 
Mais la descente est trop longue, les os de mes pieds me font mal, j’atteins ma limite. Je ne peux même plus courir en descente. Mon corps dit stop, mon esprit aussi.

Les contamines, 7:22
KM: 95,1
Temps course: 24h22
Altitude: 1167
Classement: 799
Dénivelé positif depuis le départ: 5761m

Abandon.


Au départ j'étais inscrit à la CCC (100km), peut-être l'aurais-je terminée.
Niveau préparation, j'ai accumulé pas mal d'entrainement en dénivelé en Suisse, Massif des Bauges, Pilat et île de Madère. J'ai également repéré l'ascension Bourg-Saint-Maurice à col de Forclaz.
Ce qui m'a manqué est une bonne course préparatoire: Le marathon du Mont-Blanc.
Depuis la SaintéLyon début décembre 2012, je n'avais pas participé à de trail longue distance.
Mais même si je n'ai pas terminé la TDS pour ma première participation, cette course a été pour moi la meilleure. Je me suis surpassé en terme de distance et en terme de dénivelé. 

English version: http://ultrarunningrocks.blogspot.co.uk/

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